AMTARES G A L E R I E
Retour accueil
Architecte, sculpteur et peintre
Architecte, il ébauche des cathédrales de signes.
Sculpteur, il parle lui-même des vides de ses peintures.
Peintre, il peint et s’en contente apparemment. Il dresse les
cartes de l’imaginaire dans lesquelles nos regards se perdent,
il y a chez lui un acharnement proche de celui de certains insectes à créer des parcours insaisissables.
La profusion des itinéraires, la complexité des
imbrications n’est paradoxalement pas en contradiction avec une
des
quêtes de notre temps qui est d’aller à l’essentiel et de tendre à l’extrême dépouillement.
Il y a en effet dans son travail une grande économie de moyens.
Malgré ce fourmillement de notations nerveuses qui couvrent la toile, le vocabulaire demeure celui d’un ascète.
Chaque œuvre a sa logique et son rythme interne, elle est
constituée d’éléments extrêmement
simples et variés.
Dans une quasi monochromie les formes développées à satiété se
répondent et se correspondent à l’infini.
La
densité n’est jamais pesante, les respirations sont elles aussi parfaitement dosées, cela ressemble à la vie,
fusion ou fission de la matière, c’est selon...
Si
ce langage dont l’actualité ne fait aucun doute parle si
bien à nos sens, c’est par ses références
culturelles.
Cependant la transposition des gravures sur bois d’A. Dürer
ne doit pas être évoquée uniquement pour rassurer.
La partition est, en effet, contemporaine même si jouée, elle a ce son inimitable que lui confère
le
fait de l’être sur instrument d’époque.
Je n’ai personnellement jamais boudé le plaisir que me procure une harmonie dont les fondements
sont au cœur du classicisme et ce plaisir, je le trouve dans ces œuvres.
En
fait, le rituel importe peu pourvu qu’il y ait au bout le
sentiment d’une révélation accomplie pleinement.
Ce voyage que Philippe Guesdon effectue dans le temps fait entrer son travail dans la lignée de ce qui parle à nos mémoires.
Par
son travail de mise en évidence où il est à la
fois lecteur et voyant il trouve l’accord parfait.
C’est
un moment privilégié quand nous ressentons que le
présent nous met en relation avec l’universalité du
temps.
Jean Léonard Stoskopf